Selon Le Monde, le plan de licenciement de Blizzard France part complètement en sucette

Une enquête du quotidien révèle les coulisses du plan social qui touche la filiale française de Blizzard, située à Versailles. Et le bilan n’est pas reluisant.

En février dernier, on apprenait via Kotaku qu’Activision Blizzard comptait supprimer environ un tiers des plus de 400 salariés travaillant à Versailles au sein de Blizzard France. Ce plan social massif faisait suite à la décision du groupe de licencier 8% de ses employés, soit environ 800 personnes. À l’époque, cette annonce avait choqué compte tenu des bénéfices records annoncés par la société et son PDG (Bobby Kotick) pour 2018.

Mais depuis la fin d’année dernière, Activision Blizzard a essuyé plusieurs échecs et souhaiterait donc tailler dans ses effectifs. Les départements visés étant principalement l’édition, la communication, l’esport et le service client, Blizzard France est particulièrement touché car ce sont ses activités principales.

On a appris il y a quelques jours via Le Monde dans quelles conditions se déroule le plan de licenciement français, et il y a de quoi dire. Selon le quotidien, les négociations entre la direction et les syndicats sont un échec, et l’ambiance est logiquement plombée par les incertitudes autour de l’avenir de chacun. Une trentaine de personnes seraient d’ailleurs déjà parties d’elles-mêmes pour fuir ce climat, et d’autres sont en arrêt maladie « pour burn out ou dépression. » Ambiance.

Pendant plusieurs mois, tous les salariés ignoraient en quoi consisterait le plan de licenciement (pudiquement appelé plan de sauvegarde de l’emploi par euphémisme). Il a fallu attendre le 20 juin pour qu’ils prennent connaissance de son contenu. Pour résumer, Le Monde évoque notamment « un plan de départs volontaires ouvert cet été et des licenciements économiques à la rentrée. Mais ils ignorent encore qui, concrètement, est concerné par le plan. » Dans ce contexte, la productivité n’est bien sûr pas optimale, car le moral des salariés est en berne, et les syndicats parlent de stress, de peur, de fatigue et de démotivation.

Si la direction de Blizzard n’a pas répondu aux questions du Monde, les syndicats ont révélé des détails intéressants sur les coulisses des négociations. Selon ces derniers, une prime de 25 000 euros était proposée par la direction, mais elle a été retirée quand les syndicats ont demandé qu’elle soit revue à la hausse.

Il y a quelques semaines déjà, ces derniers dénonçaient dans un communiqué « un plan social au rabais » motivé pour des raisons boursières et non économiques compte tenu du chiffre d’affaire du groupe l’année dernière. Outre la faiblesse des compensations offertes aux salariés, ce communiqué pointait un autre point de discorde : la délocalisation de certains des emplois supprimés en Irlande, où Blizzard possède d’autres bureaux, afin « d’économiser sur les coûts de main-d’œuvre. »

Mais ce point de vue ne peut faire oublier les difficultés réelles de Blizzard depuis de nombreux mois maintenant. Le dernier Call of Duty n’a pas cartonné, l’annonce du jeu mobile Diablo Immortal à la Blizzcon a été un désastre, le studio Bungie a repris son indépendance en embarquant Destiny avec lui et Overwatch est en nette perte de vitesse depuis un bon moment, malgré les investissements considérables réalisés dans son esport, ce dernier étant qualifié de bulle et de niche par une source interne de Blizzard dans l'article du Monde.

Si Hearthstone et StarCraft II font de la résistance, Blizzard n’a pas hésité à décapiter Heroes of the Storm en décembre dernier, en faisant la première victime de la nouvelle stratégie d’Activision visant à réduire les coûts et à développer plus de jeux.

Selon Le Monde, ce plan social fait que certains chez Blizzard France « anticipent (…) un rapprochement avec les équipes d’édition d’Activision, » une crainte des fans historiques de Blizzard depuis la fusion entre les deux sociétés en 2008. Activision et Blizzard ont en effet conservé une certaine indépendance depuis plus de dix ans, mais beaucoup d’observateurs comme Jason Schreier de Kotaku considèrent que l’influence d’Activision est grandissante au sein de Blizzard, et que l’éditeur de Call of Duty impose désormais ses vues et ses méthodes à Blizzard.

On sait maintenant que Diablo 4 et Overwatch 2 sont en développement, mais ils ne sont même pas encore officiellement annoncés et ne devraient donc pas sortir avant longtemps, ce qui est d’autant plus inquiétant pour le groupe, soumis à la concurrence féroce des GaaS (Games as a Service) comme le battle royale Fortnite.

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