Les conditions de travail dans le jeu vidéo critiquées par un syndicat américain

Une dirigeante de la plus grande fédération de syndicats des États-Unis appelle les travailleurs du jeu vidéo à se regrouper pour améliorer leurs conditions de travail.

Depuis un an, la question des mauvaises conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo est un des sujets dont tout le monde parle dans le milieu. En fin d’année dernière, Rockstar a été pointé du doigt après avoir déclaré que ses employés avaient fait des semaines de 100 heures pour terminer Red Dead Redemption 2 à temps. Et il y a quelques jours, Activision Blizzard a licencié 800 personnes, malgré des bénéfices records en 2018.

Pour Liz Shuler, c’est sûrement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cette dirigeante de l’AFL-CIO (American Federation of Labor - Congress of Industrial Organizations), le premier groupe syndical américain, vient de publier une lettre ouverte sur le site Kotaku, où elle appelle toutes les personnes qui travaillent dans le jeu vidéo à se regrouper en syndicats pour faire pression sur la direction des studios.

Liz Shuler commence par rappeler que les ventes de jeux vidéo ont rapporté 43 milliards de dollars en 2018, soit 3,6 fois plus que la déjà énorme industrie américaine du cinéma. Elle cite ensuite les 725 millions de dollars rapportés par Red Dead Redemption 2 en trois jours, puis prend en exemple les patrons de Blizzard et Electronic Arts pour illustrer les disparités entre ceux qui font les jeux et ceux qui profitent des bénéfices.

« Pendant que vous luttez contre l’épuisement et que vous mettez tout votre cœur dans un jeu, Bobby Kotick et Andrew Wilson trinquent à "leur" succès. Ils deviennent riches. Ils deviennent connus. Ils sont couronnés comme des visionnaires et considérés comme des pionniers. »

« Et vous, vous avez quoi ? »

« Des horaires scandaleux et des salaires insuffisants. Des conditions de travail stressantes et toxiques qui vous poussent dans vos limites physiques et mentales. Et la peur de demander mieux, qui implique le risque de perdre le job de vos rêves. »

Et pour Liz Shuler, un seul moyen permettra de changer cette situation : l’organisation en syndicats, pour peser collectivement sur les directions des studios. Elle termine en comparant les forçats du jeu vidéo avec les serveurs de Chicago et les mineurs de Virginie-Occidentale.

Heureusement, les choses évoluent enfin un peu partout dans le monde. En 2018, l’organisation Game Workers Unite a déjà commencé à agir pour aider les travailleurs de l’industrie du jeu vidéo à s’organiser en syndicats. Et en France, un Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo est né en fin d’année 2017.

Et si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, la chaîne YouTube Game Spectrum a justement sorti il y a quelques jours un excellent documentaire sur les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo. Il illustre parfaitement ce que cette lettre ouverte explique.

A lire aussi

  • Qui sommes-nous ?

    Pour en savoir plus sur GG
    Voir la page
  • Contact

    Envoyez-nous vos idées, vos projets, vos remarques et vos meilleurs moves. GG vous répondra ;)
    Contactez-nous