Google révèle les détails de Stadia, et c’est une énorme déception

Le géant du web a dévoilé à quoi ressemblerait son service de cloud gaming. Spoiler alert : ce n’est pas du tout le Netflix du jeu vidéo que certains imaginaient.

Depuis l’annonce de Stadia au mois de mars, on entend quasiment partout la même petite musique : « Google et son service de cloud gaming vont tuer les consoles et les jeux physiques. »

Face au caractère définitif de cette affirmation, les plus prudents attendaient quand même de connaître les détails de Stadia pour savoir si oui ou non ce service a bien le potentiel pour être la révolution annoncée par Google. Au vu de ce qui a été révélé hier soir par la firme de Mountain View sur YouTube à la veille de l’E3, il est sérieusement permis d’en douter.

Sortie en novembre dans quatorze pays, mais avec certaines limites. On ne peut pas reprocher à Google de perdre du temps. Quelques mois après l’annonce de Stadia, le service sera lancé officiellement dans douze pays européens dont la France, mais aussi les Etats-Unis et le Canada. Mais attention, la promesse de Google de pouvoir jouer simplement sur n’importe quel écran ne sera pas aussi simple que de souscrire à un simple abonnement.

Stadia ne fonctionnera par exemple que sur les téléphones Pixel 3 de Google au lancement. De même, pour jouer sur sa télé, un Chromecast Ultra est nécessaire. Et il faut enfin avoir un combo clavier-souris sur PC, ou une manette compatible (celles de la PS4 et de la Xbox One le sont), sachant que Google recommande évidemment d’utiliser la sienne.

Et bien sûr, il faudra avoir une connexion internet de très bonne qualité. Certes, Google annonce que le rendu des jeux s’adaptera à votre débit, mais si vous voulez jouer dans de bonnes conditions, vous avez intérêt à posséder une fibre optique plutôt véloce.

Un abonnement à 10 euros par mois qui donne le droit… d’acheter des jeux ! La version gratuite de Stadia, qui offrira une qualité de rendu moindre, ne sera pas lancée avant 2020. En attendant, il faut obligatoirement souscrire au forfait « Stadia Pro » à 9,99 euros par mois. Et c’est la première déception : cet abonnement ne donne pas droit à une bibliothèque de jeux en accès libre comme peut le faire PlayStation Now.

Pour 10 euros par mois, on a le droit d’utiliser la plateforme, mais il n’y aura qu’un seul jeu disponible gratuitement à la sortie : Destiny 2 et ses extensions, et encore, pendant une période limitée. Sachant que le jeu a déjà été offert sur Battle.net par Blizzard en novembre dernier, ça fait moyennement rêver. Pour faire passer la pillule, des « jeux supplémentaires gratuits » arriveront « régulièrement » pour les abonnés selon Google, et ils auront également droit à des remises sur l’achat de certains titres.

Mais il faudra quand même mettre la main au portefeuille pour acheter des jeux dématérialisés (comme sur les machines traditionnelles, tiens donc) à un prix inconnu pour l’instant. Grand seigneur, Google annonce que l’on gardera l’accès à ces jeux même si l’on résilie son abonnement. En réalité, tout ça n’a rien de surprenant. Au moment de l’annonce de Stadia, on avait déjà pointé qu’il était peu probable que les éditeurs bradent pour Stadia des jeux vendus au prix fort sur les machines physiques. Mais alors, quels sont les titres obtenus par Google sur Stadia ?

Une trentaine de jeux achetables. Il faut reconnaître que les titres qui seront disponibles au lancement sont plus séduisants que ce que l’on imaginait. Forcément, comme la plupart devront être achetés, Google a pu faire affaire avec certains gros éditeurs qui mettent à disposition leurs blockbusters.

Parmi la trentaine de jeux listés sur le site de Stadia, on retrouve comme prévu beaucoup de titres d’Ubisoft (The Division 2, Ghost Recon Breakpoint, Trials Rising, Assassin’s Creed Odyssey, The Crew 2…), mais aussi de gros FPS comme Doom Eternal, Wolfenstein : Youngblood ou Rage 2, et les trois derniers Tomb Raider de Square Enix par exemple.

Même si cette liste de lancement est plutôt correcte, il manque encore beaucoup de gros éditeurs, et surtout le nerf la guerre sur le marché du jeu vidéo : les exclusivités. Google a dévoilé des trailers pour Gylt (jeu d’aventure des créateurs de RiME) et Get Packed (un jeu de… déménagement), les deux premiers titres de son studio maison dirigé par Jade Raymond. C’est mieux que rien, mais c'est largement insuffisant pour l’instant.

Un pack de lancement à 129 euros. Pour convaincre les joueurs, Google a enfin prévu une « Founder’s Edition » qui comprendra un Chromecast Ultra pour faire tourner Stadia sur votre télé, trois mois d’abonnement à Stadia Pro pour vous et un ami, Destiny 2 et ses extensions, et une version exclusive bleu nuit de la manette, sachant que cette dernière coûtera 69 euros séparément.

Vous montrerez aussi au monde que vous êtes un early adopter de Stadia grâce à un badge Founder’s spécial qui se trouvera à côté de votre pseudo, sachant que vous pourrez également réserver ce dernier en avance grâce à ce pack.

Conclusion. Tout cela est-il suffisant pour concurrencer la Switch (qui permet réellement de jouer partout à ses jeux, connexion internet ou pas), Shadow (qui permet d’avoir accès à un PC de jeu complet dans le cloud), voire même Steam et ses promotions imbattables sur un catalogue gigantesque ? À l’heure actuelle, la réponse est clairement non.

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