Bungie reprend sa liberté, Activision brûle-t-il ?

Avec ce divorce, Activision a perdu la franchise Destiny et déjà quelques milliards en bourse.

Coup de tonnerre dans le monde du jeu vidéo. Le célèbre studio Bungie vient d’annoncer qu’il se séparait de l’éditeur Activision après huit années d’une collaboration pas toujours au beau fixe, et qui devait initialement durer dix ans au minimum.

Après avoir quitté Microsoft en 2007, le mythique studio déjà à l’origine de la série Halo retrouve donc une nouvelle fois son indépendance. Mais cette fois, il ne cède pas sa licence phare. Car la conséquence immédiate de ce divorce, c’est que Bungie obtient la garde de son bébé, Destiny, objet de toutes les attentions. Et selon une source interne, le studio aurait débouché le champagne pour célébrer la nouvelle.

Mais tout le monde n'a pas trinqué. Ou plutôt si, car cette révélation a provoqué un véritable tremblement de terre dans le milieu, illustré par le cours de l’action d’Activision en bourse, qui a plongé de 10% le jour de la nouvelle. Ça n’a évidemment pas plus aux actionnaires, qui ont immédiatement demandé qu’une enquête soit menée par un cabinet indépendant pour déterminer s’il y a eu des fraudes ou des irrégularités financières de la part d’Activision dans cette opération. Mais cette annonce intervient surtout après trois derniers mois très compliqués pour Activision, dont l’action a déjà dégringolé de 26% l’an dernier, et qui a enchaîné les mauvaises nouvelles récemment. Retour sur un trimestre en enfer.

Les ventes moyennes de Destiny 2

C’est sûrement l’une des causes du divorce avec Bungie. Et Activision n’en a pas fait un secret : il n’était pas satisfait des ventes de la franchise Destiny. L’extension Rénégats sortie en septembre dernier n’a pas rencontré le succès escompté et n’a pas réussi à faire revenir les joueurs. Et Activision n’a pas attendu pour prendre des mesures drastiques, puisque le jeu de base est devenu gratuit pendant deux semaines au début du mois de novembre pour tenter de booster les ventes. À l’époque, Bungie ne semblait pas partager l’analyse d’Activision sur ces chiffres, et le résultat de ce différent est visible aujourd’hui.

Les déboires de Blizzard

Les jeux de Blizzard sont une source énorme de joueurs et de revenus pour Activision. Mais depuis la Blizzcon, rien ne va plus. Il faut dire qu’une tornade inattendue est passée par là : l’annonce désastreuse du jeu Diablo Immortal sur mobile, qui a déclenché les sifflets du public à la Blizzcon, une première dans l’histoire de l’événement. L’effet a été immédiat sur la valeur boursière d’Activision, qui a fait un plongeon spectaculaire.

L’histoire est loin d’être terminée, puisque selon Kotaku, Activision aurait une influence de plus en plus grande au sein de Blizzard, et il aurait même exigé du studio qu’il réduise ses dépenses et sorte plus de jeux. Première victime de cette nouvelle politique : Heroes of the Storm. Le 14 décembre, Blizzard met une balle dans chaque genou de son MOBA en annonçant qu’il arrête de financer la ligue esport du jeu et qu’il fait migrer une partie des développeurs sur d’autres projets.

Avec le départ de Bungie, certains fans de Blizzard se mettent même à rêver que Blizzard puisse suivre le même chemin et retrouver son indépendance vis-à-vis d’Activision.

La fuite des cadres

Depuis le début de l’année, deux directeurs financiers d’Activision ont quitté l’entreprise. C’est le cas de Spencer Neumann, qui a été brusquement évincé de son poste, mais pas en raison des mauvais résultats du groupe selon Activision. Quelques jours plus tard, Amrita Ahuja, a elle aussi fait ses valises. Depuis, Activision a nommé un nouveau président : Rob Kostich, l’ancien patron de la franchise Call of Duty. Pour donner un nouveau souffle ?

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