ZLAN, Z Event et la Trackmania Cup... ZeratoR nous a tout raconté

Dimanche dernier, 125 000 personnes ont suivi la finale de ZLAN sur des jeux peu connus du grand public. Comment un tel exploit est-il possible ? Réponse avec le streamer-entrepreneur le plus célèbre de France.

Au lendemain de la première édition de ZLAN qu’il a organisé, Adrien « ZeratoR » Nougaret est un homme heureux. Son événement qui voulait "bousculer un peu les habitudes et le gaming en France" a été un succès à tous points de vue, et malgré la fatigue de ce week-end marathon où près de 200 joueurs se sont affrontés sur 10 jeux, il a accepté de nous répondre sans langue de bois sur cet événement inédit, ses coulisses, et ses futurs projets.

Car ZeratoR voit loin et se projette donc toujours sur le coup d’après. Avec presque dix ans d’expérience dans le streaming et sept dans l’organisation d’événements esport aussi ambitieux qu’inattendus, il porte un regard unique sur la situation des LAN en France et le modèle économique de l’esport. En interview, ses réponses sont aussi claires et précises que lorsqu’il commente une finale de Trackmania, les éclats de voix en moins. Mais ne vous y trompez pas, derrière cette lucidité se cache un authentique passionné de jeu vidéo et d’esport.

Quel bilan tu tires à chaud de cette première ZLAN ?

Un bilan ultra positif, presque même trop positif en fait ! Evidemment, quand on se met dans l’idée d’organiser une LAN, on se dit que ça va bien se passer, mais dans les faits ça ne se passe jamais très bien. Il y a beaucoup de contraintes techniques dans une LAN, d’autant que là on voulait organiser ça un peu comme une émission de télé avec un plateau. On se disait qu’on se lançait dans quelque chose d’impossible ou en tout cas de très difficilement réalisable, et tout s’est extrêmement bien passé, donc je suis très agréablement surpris, à un point assez énorme.

Tu es content du nombre de viewers et de leurs réactions ?

Oui, on était souvent au-dessus des 100 000 viewers, surtout le deuxième jour. Le premier, on était autour des 90 000 dans les pointes. Mais c’est un événement qui fait beaucoup de viewers. Je ne savais pas trop à quoi à m’attendre en termes de spectateurs, comme j’organise tous les ans une compétition sur Trackmania qui fait environ dans les 70 à 80 000 spectateurs, je m’attendais à un chiffre similaire, mais pas à plus de 100 000, parce que ce sont quand même des jeux qui sont peu médiatisés.

Et puis il n’y a qu’une seule « fanbase » : la mienne et celles des streamers qui viennent. Il n’y avait pas des Gotaga ou des gros monstres de la scène du streaming, donc c’était difficile d’imaginer ça. 125 000 viewers c’est le record sur ma chaîne. Même à Z Event je n’ai pas fait autant, et j’ai été surpris de dépasser cet événement.

C’était quoi les meilleurs moments du week-end pour toi ?

J’étais un peu dans une bulle pendant le week-end, donc je ne me rappelle pas de tout. Mais il y a deux moments particuliers qui me marquent. Evidemment la dictée, c’est le premier qui me vient, c’était une épreuve hyper intéressante et cool à organiser, avec tous les claviers qui tapent, c’était vraiment rigolo.

Et le deuxième, c’est la minute de silence en l’hommage de H1Z1, pour célébrer plus ou moins la fin du jeu pour plaisanter, et c’est un moment qui m’a marqué parce que j’ai trouvé ça très fort comme souvent dans les minutes de silence, et c’était l’une des premières fois où on voyait tout le monde totalement silencieux avec le plan de la grue qui faisait un travelling sur tout le monde, c’était vraiment sympa.

Il y a eu un peu d’émotion aussi ?

Le plus beau, c’est quand j’ai vu Wingo pleurer après avoir gagné l’événement. Ça c’est une image qui m’a vraiment marqué et qui m’a presque mis la larme à l’œil. Je me suis dit « on n’a peut-être pas changé sa vie, mais en tout cas le temps d’un week-end, ça a été incroyable pour lui. Il a gagné 20 000 euros, ça peut changer le début d’une vie. » C’est vraiment une belle chose qu’on a pu accomplir.

Il n’y a pas eu de mauvais moments ?

Le moment qui m’a le plus angoissé, c’est quand le serveur a planté sur Trackmania en phase de poules. Parce que c’est un jeu qu’on maîtrise, on organise des compétitions dessus depuis 2013 et on était encore au début du tournoi, il ne fallait pas prendre de retard. Quand j’ai vu que ça plantait, je me suis dit « oh là là, il n’y a rien qui va, il n’y a rien qui marche, c’est terrible » donc ça m’a un peu mis au fond. Mais après ça a fonctionné, donc c’était juste un mauvais moment à passer. Mais honnêtement, ça va pour un « pire souvenir. » Quand on remet ça à l’échelle de ce qu’on a fait, on aurait pu avoir bien pire.

C’était comment de créer la dictée et de la lire comme un prof ?

Franchement, c’était trop bien. J’ai adoré faire ça, c’était un truc tellement nouveau, tellement fou et hors-contexte. Et puis ça amenait une ambiance vachement particulière dans l’événement, à la fois hyper studieuse mais aussi dans une très bonne ambiance parce que tout le monde était un peu dans la même merde. Je savais que la dictée était infaisable avec zéro faute, on avait fait exprès de faire des pièges avec des règles de français sorties de derrière les fagots, et des mots qu’on n’a jamais entendus de notre vie ou presque, donc c’était top.

Quels duos t’ont le plus impressionné ou surpris ?

Wingo et Nykho, les gagnants, et duo finaliste de non-streamers, Titatitutu et Wackamat. Je n’avais aucune idée du niveau que les joueurs allaient avoir, et c’était vraiment difficile pour moi d’imaginer que les gens allaient être entraînés à ce point sur les jeux. Et j’ai trouvé qu’ils avaient vraiment un très, très bon niveau et un très bon entraînement.

C’était un honneur pour moi de voir que des gens jouaient la compétition à fond, parce qu’il y avait aussi beaucoup de touristes. Mais voir autant de joueurs d’un bon niveau sur des jeux de skill pur comme Trackmania, c’était impressionnant. Sur Disc Jam aussi, on a eu de très belles surprises avec des duos qui avaient vraiment poncé le jeu.

Le mélange entre streamers et non-streamers était inédit. Il a bien fonctionné au niveau de l’ambiance ?

D’après les retours que j’ai eus, c’était absolument excellent, les gens se sont régalés. Je suis arrivé un peu tôt le vendredi soir, et j’ai dit aux joueurs de faire pareil, donc j’en ai profité pour faire un petit tour et aller voir toutes les personnes qui s’installaient pour les connaître un peu et savoir d’où elles venaient par exemple. Un peu comme un prof qui verrait ses élèves à la rentrée, et qui regarde les prénoms. Pour moi c’est pareil, je me suis dit que si je savais pendant l’événement où étaient les gens, ce serait beaucoup plus simple et sympa, donc j’ai fait le tour de la classe.

80% des joueurs étaient arrivés vendredi soir, donc j’ai pu voir la plupart des gens. Beaucoup m’ont dit « j’ai fait beaucoup de LAN et c’était la meilleure de ma vie » donc c’était un compliment énorme pour moi. Et plein d’autres m’ont dit « c’était ma première LAN, je ne serais jamais allé à une LAN classique, mais celle-là je ne voulais pas la rater. » Et ça, c’est le plus beau compliment. Il doit bien y avoir des retours négatifs et des gens ayant un peu râlé, mais j’avoue que je n’en ai pas eu.

Le jeu qui remplaçait Rocket League (Disc Jam) était peu connu. Il a été apprécié par les joueurs et le public ?

Il y a beaucoup de gens qui auraient aimé voir Rocket League quand même, parce que c’est un jeu très visuel, très impressionnant, ultra skillé et élitiste, même s’il y a des buts comme au foot, donc on comprend tout de suite. Néanmoins, Disc Jam était le remplaçant parfait pour moi, parce que je voulais un jeu un peu similaire, pas en termes de visuels, mais de skill. Donc il me fallait un jeu jouable à la manette, sur PC, et en 2vs2, avec un skillcap assez haut, et compréhensible facilement par le public, et Disc Jam cochait toutes les cases. Il partage les mêmes points que Rocket League, mais en différent, donc je me suis dit, pourquoi pas essayer. Et les joueurs ont adoré try hard le jeu, parce qu’il est extrêmement gratifiant à jouer. Quand on s’aperçoit qu’on est bon dessus et qu’on arrive à faire de belles choses, c’est hyper satisfaisant, parce qu’il y a un feedback visuel et auditif qui fait qu’on adore briller dessus.

Ça a donné des parties absolument incroyables, même si après c’est vrai que la différence de niveau fait mal dans Disc Jam. Quand une équipe est vraiment forte, c’est un non-match et on a peut-être du mal à se rendre compte de la difficulté du jeu. Dans Rocket League, quand quelqu’un va en l’air et frappe un ballon, on sait que c’est difficile, on voit que c’est incroyable. Dans Disc Jam, on ne se rend pas forcément compte du skill que demande un enchaînement de passes par exemple. Donc c’était super pour les joueurs, mais peut-être un peu moins pour les joueurs par rapport à Rocket League. Mais c’était un jeu à spectacle, donc aucun regret là-dessus évidemment, en plus les développeurs ont été hyper sympas, ils ont fait un disque à l’effigie de ZLAN dans le jeu.

Si tu ne devais pas tout commenter et organiser, ça ne te démangerait pas de participer en tant que joueur ?

C’est évidemment une LAN à laquelle j’aimerais participer. D’ailleurs, c’est une LAN que j’ai organisée en me disant « si j’étais joueur, qu’est-ce que j’aimerais ? » Je l’ai un peu vue aussi en tant que créateur de contenus audiovisuels bien sûr, c’est normal. Mais je l’ai aussi pensée pour les joueurs. Comme je suis un joueur qui touche à beaucoup de jeux, et qui en général, est assez fort assez vite aux jeux vidéo, parce que forcément, je suis touche-à-tout, c’est plus facile pour moi de m'habituer aux nouveaux jeux. Et je me suis dit, pour quelqu’un qui n’aurait pas beaucoup de temps de jeu comme moi, une LAN multigaming, ce serait vraiment pratique. Donc c’est de là qu’est venue l’idée de ZLAN.

Avec qui tu aurais aimé participer à en tant que joueur ?

Je pense que ce serait une personne avec qui je m’entends hyper bien, typiquement Gius qui est un ami d’enfance à moi, et qui est streamer sur Twitch aussi.

Et tu aurais try hard quels jeux ?

Je pense que ce serait plutôt des jeux comme Trackmania et Disc Jam où j’ai déjà de très bonnes bases. Je pense que sur Trackmania j’aurais pu faire partie du top 10, en m’entraînant bien sûr. Après c’est difficile pour moi de savoir, mais je pense que j’aurais été très nul à Smash Bros. et très bon à Worms parce que j’ai déjà un petit niveau sur le jeu. Et j’aurais été un peu faible sur Portal 2, donc je l’aurais un peu moins try hard à mon avis.

Comment l’événement a été financé ?

Ce n’est jamais facile de financer un événement comme ça. Nous, on essaye toujours de rendre les événements pérennes. Pour ça, il faut avoir un modèle économique stable et installé. Il n’y a pas 10 000 manières de financer un événement dans l’esport aujourd’hui. Il y a la billetterie, les sponsors, les subventions, le merchandising et le mécénat, mais qui n’est pas un moyen viable.

On n’avait pas de subventions et je ne sais plus si on a eu un prix sur la salle, mais notre principale source de revenus, c’est le sponsoring pour cet événement-là. On a eu les Céréales Lion et Nvidia qui ont été les deux sponsors principaux, et après on avait notamment Maxnomic et Gaming Campus qui étaient des sponsors un peu plus mineurs de certaines épreuves. On a eu aussi le merchandising, c’est-à-dire que les tee-shirts de ZLAN finançaient directement la production. Et l’air de rien, avec la marge, ça a quand même chiffré pas mal. Alors ça ne dégage pas 100 000 euros bien sûr, mais ce n’est pas une somme négligeable.

C’est difficile pour toi de trouver des partenaires pour financer un événement pareil, encore aujourd’hui ?

Oui c’est hyper difficile, même aujourd’hui, alors qu’on estime avoir fait nos preuves, c’est encore insuffisant et très insuffisant même. Aujourd’hui, des événements comme la Trackmania Cup, qui remplissent un Zénith à guichets fermés tous les ans, on a encore beaucoup de mal à les financer à la hauteur de ce qu’on voudrait. Une Trackmania Cup aujourd’hui, c’est entre 180 000 et 250 000 euros de budget en fonction de ce qu’on fait, et on a beaucoup, beaucoup de mal à rentrer dans nos frais, même avec la billetterie.

C’est un événement où il y a quand même 6000 personnes qui payent 30 euros la place, et on a encore du mal avec les sponsors à dégager du bénéfice dessus. Donc on y arrive quand même, c’est-à-dire qu’on est positifs de quelques milliers d’euros parce qu’on pense que c’est aussi le but parfois, mais ce ne sont pas des événements qui rapportent de l’argent. Après, on essaye quand même qu’ils soient pérennes.

Pourquoi c’est si difficile selon toi ?

Parce que globalement, on a une très mauvaise presse avec le jeu vidéo, je pense, et que les marques ont peur du retour sur investissement. Et aussi parce que je pense que c’est un milieu que les marques connaissent très mal. Typiquement, aujourd’hui si vous allez voir un commercial d’une marque en lui disant que vous faites un événement sur Trackmania, il ne connaîtra même pas le jeu donc il va dire que c’est de la merde, ou alors il n’aura même pas envie d’ouvrir le dossier, parce que si ce n’est pas Fortnite auquel joue son petit-fils, il ne connaît pas et donc ça ne l’intéresse pas en fait.

C’est le premier point, on fait des événements non-conventionnels sur des jeux non-conventionnels, c’est difficile. Et le deuxième point, c’est que c’est quand même assez élitiste. On est sur Twitch, pas à la télé, c’est difficile de montrer des retours sur investissement parce qu’on ne parle pas de bannières cliquables quand tu as un logo affiché sur une scène de Trackmania Cup, ils ne se rendent pas forcément compte. Et c’est dommage, parce qu’on transforme vachement bien. Aujourd’hui, les sponsors qui s’engagent avec nous, ils le font parfois avec un peu d’appréhension, mais ils sont toujours ultra-satisfaits et ils réitèrent l’expérience la plupart du temps aux événements suivants. Donc ça bouge un petit un peu, ça avance, mais très, très lentement, et c’est encore hyper difficile de financer des événements.

J’imagine que c’est pénible à la longue ?

Moi honnêtement, ça m’énerve un peu, parce que j’ai l’impression qu’on fait toujours nos preuves, qu’on va toujours plus loin et qu’on pourrait faire encore mieux si des marques nous faisaient un peu confiance. Et ça me blase, parce que parfois je vois des investissements de marques dans des événements esport qui sont nuls en fait, ou à des endroits où il n’y a vraiment pas besoin d’argent et où c’est très mal géré. Donc forcément, ça fout un peu les boules. On se dit « ils ont mis tant d’argent sur ça alors qu’ils avaient dit non pour la Trackmania Cup, pourquoi ? »

En quoi ZLAN est différente des LAN classiques au niveau du public ?

Il faut que les gens se rappellent que ZLAN n’est pas qu’une LAN. Les gens qui veulent aller en LAN aujourd’hui en pensant que ZLAN en est une, il faut bien qu’ils se souviennent que c’est une LAN avec assez peu de joueurs déjà (196), et pas 400, 600 ou 800, donc les échelles ne sont pas les mêmes. Nos joueurs étaient triés sur le volet, avec une audience assez mature, parce qu’on a plusieurs jeux, ce qui écrème beaucoup les préados qui veulent faire leur première LAN et qui y vont sans savoir comment ça marche. Donc notre audience comprend ce que c’est d’organiser une LAN, elle vient à l’heure, elle est respectueuse des admins, etc. On est plutôt bien là-dessus.

Comment est-ce qu’un événement comme ça peut faire avancer les LAN en France ?

Je ne sais pas trop parce que c’est peut-être un peu tôt, et ça dépend comment elles voient le truc. Mais aujourd’hui, je pense qu’une LAN ne peut plus exister comme elle existait avant. Est-ce que c’est malheureux ? Peut-être, oui et non, mais je pense que les LAN se sont enfermées dans un modèle qu’elles ont commencé à produire il y a 10-15 ans, et qu’elles n’ont pas su évoluer là où il le fallait. Aujourd’hui, on a l’avènement des Web TV, du streaming, et je pense que les LAN ont vraiment beaucoup sous-exploité ça. Moi j’avais commencé à aller en LAN en streamant mon point de vue de joueur, et ça avait fait un petit coup de boost aux LAN.

Il y avait beaucoup de gens qui trouvaient ça cool car ça donnait de la visibilité, et qui se sont mis à faire des LAN. Maintenant, toutes les LAN sont streamées de l’intérieur par les joueurs, et je suis très content d’avoir un petit peu commencé à faire ça pour que les gens le fassent. Je pense que l’étape suivante, c’est d’essayer de créer un spectacle autour de la compétition, parce qu’aujourd’hui, si on ne crée pas ça, les gens ne regarderont pas l'événement. Et s’ils ne le regardent pas, il n’y aura pas les moyens pour les organiser.

Elles devraient faire quoi, selon toi ?

Aujourd’hui, on ne peut plus faire simplement une LAN avec 400 joueurs dans une salle et faire un tournoi. Enfin, on peut, mais il ne faut pas s’étonner si c’est un petit tournoi ou s’il y a peu de cashprize. Si aujourd’hui les LAN veulent être des vraies compétitions, avec un peu de hype et un peu de retombées sur les réseaux sociaux, un cashprize un peu élevé, des marques qui intéressent, etc, je pense qu’il faut qu’elles évoluent et qu’elles comprennent que le média est trop important. Mais je ne sais pas si elles s’y mettront, parce que ce n’est pas évident à faire, et ça impose de faire des choix.

Typiquement, une ZLAN avec 800 joueurs, ça ne marcherait pas de la même façon, c’est sûr. C’est comme ça qu’on voit les choses Après, ça ne veut pas dire que c’est la bonne manière, mais c’est celle que je trouve la bonne pour que le milieu évolue et pour qu’on passe de la LAN dans le garage à quelque chose d’un peu plus qualitatif, propre et pro, tout en restant authentique parce qu’on joue quand même 14 heures par jour dans une salle. J’ai l’impression qu’avec ZLAN, on a réussi à bien concilier les deux, le côté affiché un peu pro et produit, et aussi cette bonne ambiance familiale.

Tu sais déjà ce que tu changeras pour la prochaine édition en 2020 ?

C’est trop tôt pour le dire mais on a plein d’idées. On avait déjà plein d’idées pour cette année qu’on n’a pas pu forcément réaliser. C’est sûr et certain qu’on changera des jeux, mais pas les 10 comme s’il fallait absolument tout renouveler, parce qu’il y en a qui ont très bien fonctionné. Néanmoins, je ne sais même pas si on va garder 10 jeux sur le format parce que c’est quand même énorme comme contrainte technique. Je suis sûr aussi qu’on gardera cette idée de plateau télé en même temps qu’il y a le tournoi. Après, on n’est pas forcément sûrs de vouloir seulement des jeux qui se jouent à 100 dans les phases de poules, peut-être qu’on peut faire déjà des 2vs2.

Tu garderas le format des duos ?

Ça je pense que oui. Moi c’est un format qui me plaît beaucoup, le fait de pouvoir y aller en couple, ou avec son meilleur ami. En plus c’est moins cher pour payer le logement après. Il y a plein de choses qui sont pratiques et cools dans le 2vs2, et puis un duo, ça crée une histoire je trouve. Donc il y a beaucoup de choses qu’on va garder, mais on aimerait et que ce soit plus pro, et que ça s’enchaîne mieux aussi , même si là c’était déjà pas mal.

Pourquoi avoir fait le choix d’une LAN sans public ?

On n’a pas intégré de public parce qu’on ne pouvait pas trop se le permettre en termes de budget. Les contraintes pour l’accueillir sont énormes, même si après on peut retomber sur nos pattes, car qui dit public dit billetterie pour compenser un peu les dépenses. Mais il faut pouvoir sortir l’argent au début.

Tu aimerais bien que ce soit différent à l’avenir ?

On s’est posé la question pour l’année prochaine à la fin de ZLAN honnêtement. Au départ avant que l’événement arrive, on se disait qu’il était évident que la prochaine étape, c’était d’avoir du public. Et en fait, maintenant que l’événement a eu lieu, on se pose la question. Parce ce qu’on se dit que c’est quand même vachement pratique d’avoir tous les joueurs sur place avec une salle un peu clean. Au moins, les problèmes techniques ne concernent que les joueurs, il n’y a pas le public derrière à gérer. Et puis quand tu fais payer une billetterie aux spectateurs, tu dois être irréprochable sur ce que tu proposes, ça fait un autre point où tu dois assurer et ça ajoute une contrainte, et c’est difficile à tenir. Honnêtement, on n’a pas encore fait le débrief avec toute l’équipe là-dessus, donc il est difficile de répondre, mais mon point de vue à moi, c’est que je ne suis plus du tout convaincu qu’il faut absolument mettre du public comme si c’était obligatoire.

C'est quand même sympa pour l'ambiance, non ?

C’est vrai que ce serait chouette. C’est sûr que quand tu commentes la finale, la salle explose à la moindre action, c’est quand même vachement cool quand tu as 1000 à 2000 personnes qui regardent un match. Ça crée vraiment des émotions uniques, tu peux faire des beaux visuels, et c’est trop bien d’être sur scène. Mais c’est aussi une contrainte technique énorme, mais vraiment incroyablement énorme. Et on se demande si on va vraiment partir dans un spectacle, ou peut-être avoir un public juste le deuxième jour. On se pose des questions, parce que gérer les joueurs et le public, ce n’est quand même pas la même chose. Ce n’est pas évident de choisir.

Et il ne faut pas oublier l’enjeu économique.

L’enjeu économique, il est bien là, avoir 2000 personnes qui payent une place comme pour un spectacle, c’est pas mal, mais c’est aussi des contraintes. Donc ça ne veut pas dire que ça fera forcément du bénéfice. Derrière, il faut des écrans géants, une vraie scène, des jeux de lumière, des gens pour la sécurité… C’est un autre événement quoi. C’est vraiment un gros palier. Enfin non, c’est différent : c’est-à-dire qu’on se demande si on rajoute 200 joueurs ou du public. Mais je n’ai pas la réponse aujourd’hui, honnêtement.

Tu peux nous présenter les nouveautés de la prochaine Trackmania Cup ?

Déjà c’est à Strasbourg, le 29 juin. La grande nouveauté de cette année, c’est évidemment le 2vs2. C’est un format auquel j’avais déjà pensé à la sortie de la dernière Trackmania Cup l’an dernier, et ZLAN m’a aidé à prouver aux gens que le format 2vs2 est bon. Tout ça était assez calculé de ma part, dans le sens où j’ai un peu fait exprès de mettre Trackmania à la ZLAN, pour montrer que le 2vs2 était possible, regardable et que ça créait des histoires cools.

Et je me suis dit, si les gens voient ça et qu’après on annonce une Trackmania Cup en 2vs2, ils sauront que ça fonctionne. Tout cela va créer des défis assez incroyables sur scène, parce qu’on va pouvoir faire des défis en duo, comme on met toujours des défis assez loufoques à la Trackmania Cup. Ils seront annoncés début juin pour les soirées de qualification, parce qu’ils sont déjà décidés. Après, on a quelques nouveautés dans le jeu, mais je commence les maps en stream dans 30 minutes.

Il y aura un Z Event cette année ?

C’est un secret de polichinelle. On essaye toujours d’en faire un par an, on n’a pas encore choisi la date et l’association. Mais c’est évidemment un événement qu’on va essayer de faire chaque année. Pour l’instant je n’ai pas d’informations à donner. Pas parce que je les cache, mais parce qu’elles n’existent pas.

Crédit photo une : Djowcoco

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