Portrait : comment ZeratoR est devenu le patron français du stream

À moins de 30 ans, Adrien Nougaret fait figure de dinosaure dans la communauté du jeu vidéo en France. Et en à peine une décennie, ce joueur est devenu un entrepreneur multi-casquettes. Portrait du meilleur ambassadeur des gamers de l’hexagone.

ZeratoR n’est pas le plus gros streamer français. Ce titre revient à Gotaga, la star de Vitality qui a récemment joué avec Ninja. Mais avec ses 630 000 abonnés YouTube et ses 580 000 followers Twitch, Adrien Nougaret n’est pas en reste sur les chiffres. Et il est incontestablement devenu le point de référence de la plupart des joueurs ces dernières années en France.

À seulement 29 ans, il multiplie les projets de grande envergure et c'est déjà le daron respecté de toute une communauté. Comment ce Montpelliérain tombé dans le jeu vidéo grâce à son frère aîné et bercé par la Super Nintendo a-t-il atteint ce statut ? Pour comprendre ce succès et l’admiration qu’il suscite, il faut revenir presque dix ans en arrière, à une époque où le jeu vidéo n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui.

Depuis son enfance et la sortie de StarCraft, le pseudo d’Adrien est ZeratoR, en référence notamment à Zeratul, le célèbre Templier noir Protoss. Le jeu de stratégie de Blizzard va jouer un rôle déterminant dans sa vie, puisque c’est avec la sortie de StarCraft II qu’il commence à commenter de l’esport en se déplaçant à des tournois en LAN. Rapidement, il est remarqué pour l’enthousiasme qu’il met dans ses casts.

Mais ZeratoR n’est pas un fan d’esport pur et dur. Sa passion et sa spécialité, c’est le divertissement et le spectacle. Il possède un talent inné pour animer des événements et des streams. En dehors de ses incontournables lunettes de soleil vertes et du « oui » culte de Zeratul qui ponctue chaque abonnement à sa chaîne Twitch, c’est un véritable entertainer qui doit beaucoup à son énergie communicative, à son phrasé légendaire et à son autodérision.

Il lance donc sa chaîne YouTube dès 2010, à une époque où le phénomène de Twitch et du streaming n’existe pas encore. ZeratoR fait partie successivement de plusieurs structures (aAa, Millenium, Eclypsia), avant de prendre son indépendance et son envol début 2015. Il est alors une personnalité incontournable sur Twitch et YouTube.

Et il devient un véritable entrepreneur du jeu vidéo (accompagné de son bras droit Alexandre « Dach » Dachary) en multipliant les casquettes et en se lançant dans des projets assez audacieux. Début 2016, il crée Unexpected, un studio de création de jeux. Un an plus tard, le développement du party-game dWARF est lancé, et le jeu est finalement sorti fin janvier 2019.

Depuis 2013, ZeratoR organise aussi une compétition annuelle sur un jeu qu’il adore et qui est peu connu du grand public : la TrackMania Cup. Il crée lui-même les circuits de la compétition en direct sur Twitch, et depuis 2016, l’événement se déroule en LAN dans de grandes salles de spectacle. C’est une autre explication essentielle du succès de ZeratoR : il reste fidèle aux jeux de son cœur, et il n’hésite pas à faire découvrir à ses viewers des titres moins connus.

Mais ce qui fait la popularité de ZeratoR, c’est aussi sa capacité à mettre sa notoriété au service de causes caritatives. En 2016, il participe au Projet Avengers, qui rassemble une quinzaine de streamers pendant trois jours dans un même lieu, afin de récolter des fonds pour l'ONG Save the Children. L’événement dépasse les objectifs initiaux et rapporte 170 000 euros.

ZeratoR sent sûrement qu’il tient une grande idée, et en 2017, c’est la consécration auprès du grand public. Il lance son propre événement caritatif avec le Z Event. Le nombre de streamers est doublé et passe à plus de 30, et des dons sont récoltés pour la Croix-Rouge française après le passage de l'ouragan Irma. Le montant atteint en 2016 est quasiment triplé et flirte avec les 500 000 euros. Sur Twitter, le président Emmanuel Macron félicite l’initiative et la communauté, et un simple tweet devient un moment historique pour la représentation du jeu vidéo en France.

Pour la première fois, l’image des joueurs change radicalement, grâce à leur contribution à cet événement caritatif. Longtemps stigmatisé, le jeu vidéo gagne sa légitimité dans les plus hautes instances en partie grâce à l’entrepreneur ZeratoR.

En novembre dernier, l’édition 2018 de Z Event enfonce le clou avec 40 streamers qui récoltent plus d’un million d’euros pour Médecins sans frontières. La reconnaissance du grand public et des médias est décuplée, mais ZeratoR a déjà mis sur les rails son prochain grand projet. Il y a quelques semaines, il a dévoilé l’événement ZLAN, une idée novatrice pour la scène esport française.

ZeratoR a sélectionné dix jeux qui lui sont chers, et qui sont moins populaires que les mastodontes du genre. Ils permettront à 98 duos de s’affronter dans un tournoi qui ressemble à un décathlon du jeu vidéo. Et pour assurer le spectacle, ZeratoR a tout prévu, avec une dictée et un jeu surprise pour la finale. Avec cet événement qui met volontairement en lumière « des jeux élitistes peu représentés dans l’esport », ZeratoR combine deux de ses passions : le spectacle en LAN, et le partage de jeux non mainstream. Et il assume encore une fois une place unique dans le monde du gaming français.

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