CS GO : un tournoi féminin à 100 000 euros de cashprize fait polémique

Un tournoi Dreamhack non-mixte sera organisé à Valence en juillet sur Counter-Strike : Global Offensive, avec un cashprize record. Une annonce qui a sans surprise déclenché des réactions hostiles sur les réseaux sociaux.

C’est un événement pour l’esport féminin. Du 5 au 7 juillet, la DreamHack Valencia qui se déroule en Espagne organisera un tournoi « Showdown » de CS : GO non-mixte et donc entièrement réservé aux équipes féminines. Et son cashprize atteindra un niveau record pour un tournoi féminin, puisque 100 000 euros seront répartis entre les huit meilleures équipes sur la scène de Valence.

Selon Marcus Lindmark, le patron de DreamHack, cette initiative est un grand pas en avant pour favoriser l’émergence de l’esport féminin :

« L’inclusivité de nos événements est une partie énorme de DreamHack. Nous voulons être l’événement esport et gaming où tous les groupes se sentent bienvenus. Le DreamHack Showdown est une étape qui aidera à créer des moments inspirants pour les compétitrices d’esport dans le monde entier. »

Un point de vue évidemment partagé par Katherine Amoukhteh, vice-présidente du marketing global d’Esport-Management, partenaire du tournoi :

« Notre priorité est de soutenir l’esport au niveau amateur et de créer de la diversité dans l’esport en nous associant à des initiatives qui changent l’industrie (…). Nous croyons à un écosystème esport où chaque gamer peut se lancer pour faire de la compétition dans un environnement professionnel et favorable. »

Deuxième partenaire, la marque de périphériques ZOWIE veillera à la visibilité de l’événement en Asie, puisqu’elle organisera en LAN les 22 et 23 juin à Shanghai en Chine les qualifications des équipes asiatiques pour l’événement. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard : les compétitions de ce type sont très rares en Asie et l’esport féminin y est donc particulièrement peu visible. En amont de l’événement, des qualifications en ligne auront aussi lieu pour les équipes européennes et nord-américaines, les 8 et 9 juin.

La question de la mixité est un débat récurrent dans l’esport. Si les compétitions officielles de la plupart des jeux comme Overwatch ou StarCraft sont théoriquement mixtes, la toxicité qui y règne généralement empêche en pratique les joueuses d’éclore sur la scène professionnelle, alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses à jouer. Cette situation a incité de nombreuses structures à lancer des équipes féminines qui s’affrontent donc dans des compétitions non-mixtes, notamment sur CS : GO.

Comme l’a rappelé Rod « Slasher » Breslau sur Twitter, l’organisation d’un tournoi de ce type n’enlève rien aux tournois masculins. Il ne fait qu’encourager davantage de femmes à se lancer dans l’esport, ce qui est positif.

Malheureusement, tout le monde n’est pas de cet avis. De nombreux joueurs considèrent qu’un tournoi féminin sur CS : GO ne mérite pas un tel cashprize, qui serait évidemment mieux investi selon eux pour un énième tournoi mixte en théorie, mais masculin en pratique. Certains osent même parler de discrimination et de sexisme à l'égard des hommes, pourtant outrageusement majoritaires dans l'esport.

Et comme l’a aussi expliqué aussi « Zaboutine » Si-Hassen, coach français de l’équipe OpTic Gaming, le jour où les équipes féminines seront aussi performantes que les autres, elles pourront se mélanger dans des tournois mixtes, et les compétitions non-mixtes de ce type ne seront plus nécessaires.

En France, l’association Women In Games (qui défend la mixité dans le jeu vidéo et l’esport) a lancé un incubateur de talents pour permettre à des joueuses de League of Legends d’intégrer des équipes mixtes à niveau semi-pro et pro. Une initiative soutenue par la marraine du projet, la journaliste et animatrice Laure Valée.

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